Rénova(c)tion Socialiste
 

Le blog déménage

Pour éviter de se retrouver avec des infos récurrentes, nous avons décidé de limiter notre communication à 2 outils:

Merci

 

C'est la chienlit

Sur fond de crise sociale, alors que les media continuent à nous seriner que les 'bons' français ont été 'pris en otages' par les méchants syndicalistes, alors que Bernard Thibault négocie en douce contre la base, alors que DGS (Denis Gauthier Sauvagnac) doit être entendu lors d'un rendez-vous qu'il a lui-même fixé, alors que Sarkozy est en train d'oublier de parler des droits de l'homme avec Kouchner et les dirigeants chinois, alors que les étudiants sont de moins en moins politisés mais de plus en plus précarisés, alors que l'industrie de la presse française se rapproche de plus en plus d'un conglomérat composé de quelques groupes puissants et influents, alors que la justice est dépeuplée par une ministre imbue d'elle-même,

Alors que tout celà se passe devant nos yeux socialistes, que fait la gauche? Que fait le PS ? Que fait le PC ? Que font les Radicaux ? Que fait LO ? A part un peu de LCR, la gauche française est à l'agonie, se retirant derrière sa préparation laborieuse des élections municipales, elle oublie qu'elle est sensée être une force d'opposition.

Une véritable opposition :

  • critique : qui analyse et démonte les projets d'un président qui prépare sa dictature,
  • constructive : qui apporte des solutions alternatives,
  • présente : sur tous les fronts sociaux, juridiques...

Ce qui me navre le plus, c'est qu'aujourd'hui, la gauche a tous les arguments nécessaires pour répondre. La collusion entre les pouvoirs politiques, sociaux, industriels et médiatiques est tellement évidente qu'il n'y a qu'à tirer à coups de boulets rouges contre les manquements quotidiens à la démocratie. Il ne sert à rien de régler ses comptes aujourd'hui avec des livres qui ne seront pas lus par ceux qui souffrent tous les jours (Dray, Jospin, BHL...). Il faut utiliser tous les moyens disponibles pour se faire entendre et dire à tous que les cheminots ne sont pas des nantis, que cette réforme préfigure celle qui va suivre pour faire participer tous ceux qui gagnent un salaire et que la destruction du fret va à l'encontre du Grenelle de l'écologie, que l'UIMM est un organisme séculaire hyperpuissant et que DGS n'est que son acteur visible, que les facs vont être privatisées, que la justice sera encore plus celle des amis alors qu'elle ne pourra plus être de proximité et que tout celà sera relayé par une presse aux ordres!

Alors, bougez vous, politiciens de Gauche, faîtes entendre la voix du vrai socialisme! Il n'y a quand même pas qu'Olivier Besancenot qui ait des idées de Gauche dans ce pays En tout cas, aujourd'hui, il est le seul à les exprimer alors réveillez-vous!

 

Résistance Socialiste

Alors que le socialisme n’est plus qu’un concept vide dans l’esprit de certains de nos responsables politiques, Rénova(c)tion Socialiste, plus que jamais, doit se préparer à agir dans les mois qui viennent. La rénovation est devenu un mot galvaudé par des pseudo socialistes qui émettent même l’idée de changer le nom du Parti Socialiste en enlevant ce qui est notre cœur: le concept même de partage, fondement de la gauche, celui qui définit tous ceux qui se sont battus de 1942 à 1981, le mot qui a déjà permis le changement: « Socialiste ». Comment peut-on oser dire en 2007, alors que la France est dirigée par un gouvernement qui ne se cache même plus lorsqu’il commet des propositions de loi ‘dégueulasses’, que le ‘socialisme’ n’est plus un concept nécessaire au mouvement du Parti Socialiste.

Rénova(c)tion Socialiste s’est bien entendu insurgée contre cette proposition mais l’insurrection n’est qu’un outil d’un mouvement bien plus fort, organisé et actif: La Résistance! Nous devons résister tous les jours, résister aux propositions de loi ignobles de M. Brice Hortefeux, aux lois qui privent les plus pauvres de nos concitoyens de droits minimum comme la santé gratuite, aux lois qui vont dépénaliser les plus grands délinquants de France : les patrons!

Nous devons aussi résister contre les privatisations qui transforment notre service public en portefeuille pour actionnaires.

Mais nous devons en premier lieu résister contre cette vague qui emmène le Parti Socialiste vers sa déchéance et qui emprunte le concept qui nous est si cher de Rénovation. Ces Valls, Montebourg, Royal, Delanoé, Hollande, Strauss-Kahn qui renient le mot socialiste dans un seul but : prendre le pouvoir d’un parti qui ne sera pour eux que l’outil de représentation qui les mènera éventuellement à la présidentielle de 2012.

Comment peut-on prétendre rénover un parti qui se veut de gauche en le transformant en agrégat démocrate chrétien?

Si le Parti Socialiste se transforme en MoDem de gauche, voire se rattache au MoDem de François Bayrou, nous devrons prendre nos distances. Si notre Parti devient l’outil de prise de pouvoir de politicien sans idées, sans fondements, nous devrons prendre nos distances.

En attendant, camarades, je vous propose de Résister à tous ceux qui détruisent le socialisme en adhérant à Rénova(c)tion Socialiste et en nous rejoignant lors de la prochaine Assemblée Générale.

 

Je ne suis pas né socialiste, et vous ? Par Michel GROS


Première Partie.

Je suis né le 3 juillet 1952 mais je n’ai pas adhéré à la SFIO.

Que voulez-vous, chers camarades, je ne suis pas né socialiste. Cet accroc dans mon parcours aura eu, je dois bien l’avouer aujourd’hui, des conséquences désastreuses. Tout d’abord, celle de ne pas donner, le 3 juillet 1952 à 17 heures, immédiatement quitus à mes parents qui voyaient à travers ma venue au monde capitaliste un indéniable coup d’arrêt à la grande marche erronée de l’humanité.

Ils y croyaient fort et ils sont morts déçus.

Non pas de moi qui leur aie donné malgré tout quelques satisfactions, mais du socialisme lui-même. Il faut dire qu’ils avaient de ce socialisme une conception naïve voire immaculée. Si vous avez deux minutes à m’accorder, je peux vous raconter comment j’ai largement participé à leur désillusion au nom d’une hypothèse née en même temps que la SFIO. Cette hypothèse est celle de l’inconscient où la psychanalyse naissante a trouvé les conditions d’une notoriété aujourd’hui bien dégradée. Rassurez-vous, je ne vais pas rentrer dans les détails alambiqués des complexes familiaux dans la formation de l’individu. Je veux juste pointer de leur enseignement un postulat scandaleux. L’enfant naît capitaliste.

Et le souligner d’une deuxième hypothèse pas moins dégradante.

L’enfant ne naît pas libéral pour deux sous.

Je sens bien que cela vous laisse dubitatif et m’oblige à un minimum d’explication.

Commençons d’abord par ce trait incontestable qu’un enfant n’est rien d’autre que « l’objet du désir de l’autre », principalement celui de la femme en quête d’un statut de mère. L’homme, lui, dans cette affaire n’est qu’un faire-valoir momentanément phallique et rapidement destitué, au profit de l’enfant, de son excroissance instrumentalisée. Une sorte de bourdon, si vous voulez.

Mais laissons ce destin de côté, ce n’est pas celui qui nous intéresse.

Intéressons-nous à celui d’être l’unique objet du désir de l’autre, désir qui pèse sur cette figure de l’enfant dont nous adulons sans réserve les bienfaits. Une figure, le mot est fort, disons plutôt une sorte de « Ã§a », d’inconscient brut, pas encore un « moi ». Une figure qui ne va pas tarder à vous faire savoir ce que, de votre désir, elle en tire en satyre, prise qu’elle est dans la dimension exclusive du besoin ... et bien sûr de la demande.

Car, de votre désir Mesdames, votre progéniture n’a de cesse que d’en tirer une plus-value. Elle n’y va pas avec le dos de la cuillère, votre désir : elle le prolétarise nuit et jour. Nul repos ne vous sera accordé tant que la satisfaction absolue n’aura pas atteint les quotas fixés par la dictature du besoin narcissique.

L’objet de votre désir se transforme en sujet de votre aliénation.

Obsédé par sa propre croissance, il s’obstine dans cette voie naturelle de l’accumulation privative, offrant à votre assujettissement quelques parcimonieux sourires. Vous pensez naïvement en être les destinataires quand ils s’adressent aux anges de son élection ... divinisée par vos soins.

Bref, nous sommes loin d’une ontogenèse socialiste. Le partage n’est pas encore de mise, et plus que le partage, le don de soi au profit de la collectivité des « autres » navigue dans les eaux troubles des pulsions primaires.

Il charrie, vous entends-je dire, de nous décrire une phénoménologie en cul-de-sac où nul recours compassionnel offrirait un horizon d’espoir.

Patience, patience !

Le narcissisme capitaliste de l’enfant n’est pas encore au bout de sa peine.

Votre inconfortable situation d’adulte s’apprête à lui jouer quelque tour destituant ... à partir de son état de prolétarisation totale.

Un sursaut de la conscience serait donc nécessaire, pensez-vous naïvement en convoquant vos lectures d’un temps révolu. Spartacus, La case de l’Oncle Tom, Sans famille, Pinocchio n’y suffiraient pas.

Non, c’est d’un autre sursaut dont il s’agit.

Celui de votre libido en quête d’un objet mieux adapté à l’exercice de ... son illusion de jouissance.

À chercher des utopies exotiques, là où sous le coude de la familiarité, elles attendent leur heure, cela serait pure folie.

Le phallus « placardé » un temps ne serait-il pas, lui, devenu suffisant à cet office de libération ?

L’objet idéal pour trouver un ennemi tout désigné à la cause de votre aliénation ?

Car, somme toute, ce serait un peu à votre tour, Mesdames, de tirer profit des joies de l’existence et de planter la graine du socialisme futur dans le coeur de votre passade totalitaire. Certes, c’est d’une frustration que la libération attendue trouvera ses racines.

Mais qu’importe !

Frustrer votre capitaliste maison, voilà la clé du renouveau.

Il ne manquera pas de se plaindre, peu partageux qu’il est de ses prérogatives hallucinées. Mais vous tiendrez le coup avec le coup du Père, exemple magistral de double négation. Avouez que pour l’apprentissage du socialisme déjà vous cognez fort. Forcer à dire « pas pas », à qui obtient sans mot des plus values faciles, ça ne va pas de soi. Vous subirez encore des séductions fragiles, « ouins ouins » apitoyés, aussitôt balayés dans les flots enivrés d’une libido nouvelle. Tenez, tenez le coup !

Ne lâchez rien de votre désir !

Et si le Père défaille à nourrir vos pulsions, dites-vous, que le but ce n’est ni lui, ni vous.

Il est que votre enfant, qui somme toute est commun, s’aperçoive assez vite qu’en dehors de lui, et bien, ça n’est pas rien. Un monde, quoi !

Morale provisoire.

Un socialiste mal né n’attend pas le monde des années.

 

Penser nuit gravement au travail...par Sophie Licari

Dans le style, nous avons aussi: «Travailler plus pour penser moins.» Ces piquants aphorismes peuvent désormais passer pour les nouveaux slogans de la communication du cabinet Sarkozy - pardon, du gouvernement Fillon, quelle étourderie... Après le discours étonnant, pour employer un euphémisme secourable, prononcé le 10 juillet à l’Assemblée nationale par la ministre des Finances à l’occasion de la présentation du projet de loi "Travail, emploi et pouvoir d’achat", l’"International Herald Tribune" (22/07/07) a opportunément relié ses propos à la liturgie du «travailler plus», bourdonnée telle une inlassable antienne par le candidat puis le président Sarkozy

Dans cette allocution mémorable, qui restera probablement comme un sommet de rhétorique néolibérale, Christine Lagarde a en effet stigmatisé l’utilisation immodérée que nous autres Français ferions de notre néocortex, siège de notre pensée consciente. Le passage en question vaut son pesant de cacahuètes et cervelles grillées : « C’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant, retroussons nos manches. » La première impression est que la ministre a appliqué sa propre exhortation : pour proférer de telles incongruités, elle n’a pas surmené ses connections synaptiques. Selon Bernard-Henri Lévy, « c’est le genre de chose que vous pouvez entendre dans des conversations de café, de la part d’abrutis qui boivent trop »... Mais la perplexité cède ensuite rapidement le pas à l’indignation. Car enfin il ne s’agit justement pas d’une blague de comptoir, ni même d’un badinage off avec des journalistes, mais de l’exposition pesée et préparée, devant les représentants du peuple, de l’idéologie politique présidant à une réforme annoncée comme décisive. Le plus officiellement du monde, le gouvernement professe un renversement total de certaines valeurs fondatrices de « l’identité » française, à laquelle il se prétend pourtant si sensible. Ce qui était en haut se retrouve en bas : être d’un pays qui réfléchit, qui a théorisé sur tous les grands courants de pensée, qui a produit les Lumières et nombre de philosophes parmi les plus importants de l’histoire des idées, dont les bibliothèques publiques sont garnies d’ouvrages qui nous aident à comprendre le monde et notre humaine condition, constitue pour vous comme pour moi un motif de satisfaction et de fierté ?... Eh bien désormais, nous intime la ministre, il nous faut en avoir honte. La quête de sens, la réflexion, le discernement, l’intelligence, doivent être considérés comme les symptômes d’un passé plus poussiéreux que les rayonnages de bibliothèques qu’on est prié de ne plus alimenter en Å“uvres nouvelles. Pour les philosophes, écrivains, et intellectuels divers, ce sera tantôt le chômage technique ou le recyclage façon Mao...

Pourquoi ? Parce que nous explique ainsi la ministre, en France nous pensons trop pour bien travailler - cette pensée-là étant générée par un cerveau gouvernemental, un des rares encore encouragés à réfléchir avec ceux des ingénieurs R&D, elle n’est pas incluse dans l’anticogito lagardien. Par conséquent, tous ceux qui se retroussant déjà les manches jusqu’à l’omoplate, souhaitent consacrer du temps à d’autres petites choses essentielles au plaisir de vivre - conjoint, enfants, amis, loisirs - sont des fainéants. Tous ceux qui ont cru constater que, pour bien faire son boulot, il fallait se triturer un tant soit peu le chou, sont des rêveurs. Même pour être président de la République, contrairement à ce qu’on pouvait estimer, il n’y a pas besoin de beaucoup penser : « Je ne suis pas un théoricien, je ne suis pas un idéologue, je ne suis pas un intellectuel », se louait notre chef d’État à la télévision le mois dernier, comme le rappelle l’article susnommé du Herald...

Selon quelle étrange logique peut-on proférer qu’il faut arrêter de penser ? Peut-être, au hasard, suivant celle de l’idéologie néolibérale : il serait assurément plus facile de faire croire à une population d’anencéphales que la hausse de la TVA est une mesure sociale, les cadeaux fiscaux aux plus aisés un filon pour relancer la croissance, réduire le chômage et la dette, et tant qu’on y est, que la lune est une peau de veau... L’atrophie de la pensée est au sein même de l’entreprise un redoutable moyen de contrôle. Comme l’expliquait en effet Christophe Dejours, titulaire de la chaire de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers, dans la revue Res Publica (août 2004), les nouvelles formes d’organisation du travail et de management se basent sur la concurrence généralisée entre collègues, l’encouragement aux pratiques déloyales, et la rupture des liens de solidarité ; « ce système qui génère la peur chez nombre de travailleurs est aussi à l’origine d’injustice, de harcèlement, de déstabilisation calculée, qui produisent toutes sortes de souffrances ». Mais, pour que le système fonctionne, il lui faut des outils : « Des masses de braves gens sont dans le cadre de la modernité néolibérale invités à apporter leur concours ... à des actes qui consistent à intimider autrui, à menacer, à faire peur, à mettre au point des « plans sociaux », ... c’est-à-dire à commettre des actes injustes. » Certains n’y parviennent pas. D’autres, pour parvenir à effectuer « le sale boulot » sans se haïr, mettent au point une stratégie de défense qui a pour effet « d’engourdir la conscience morale, ce qui passe par un rétrécissement - c’est important sinon capital - de la capacité de penser ».

Arrêter de penser, selon Mme Lagarde, permet en outre de travailler davantage. Le problème est qu’un salarié pressuré court plus de risques qu’un adepte de la méditation... Certains en meurent. Dans le contexte préoccupant de l’accroissement des psychopathologies professionnelles sévissant de l’ouvrier au cadre, les rafales de suicides sur le lieu de travail comme chez Renault et PSA - phénomène nouveau de mémoire médicale, suscitent un franc malaise. C’est de fatigue que d’autres salariés décèdent. Ainsi, par exemple, du métallurgiste Rudy Norbert, employé d’une entreprise sous-traitante dans le Nord, dont le sort est révélé par le journaliste Paul Moreira dans son livre Les Nouvelles Censures. Voilà un cas édifiant. Son patron exigeait qu’il puisse être joint en permanence. Il travaillait parfois deux jours d’affilée, la masse illégale des heures supplémentaires étant camouflée en primes. Le 7 mai 2001, il travaille 21 heures de suite. On le rappelle à 2 h 30 la nuit suivante ; à 6 heures du matin, constatant son total épuisement, son chef de chantier lui dit d’aller se reposer quelques minutes dans la voiture de la société. Il s’assoit, pose sa tête contre la vitre et meurt. Il avait 30 ans... Et pendant que certains laissent leur raison et leur peau au boulot, d’autres n’en ont aucun. Mme Lagarde, pour qui il n’existe pas de lien social en dehors du travail (« Le contrat social, aujourd’hui, se décline en contrats de travail »), nie pourtant que le marché du travail soit « un gâteau à partager » entre concitoyens. Il faut dire qu’il est tellement plus rentable, pour une charge de labeur donnée, de payer moins de gens qu’il n’en faudrait...

Il faut lire ce discours en entier. Les envolées lyriques finales sont insurpassables : « Le travail engendre le travail. À l’intérieur de ce cercle vertueux, le pays tournera à plein régime. ... Travailler plus, et vous multiplierez l’emploi. Dépensez plus, et vous participerez à la croissance. Gagnez plus, et vous augmenterez le pouvoir d’achat ! » Tant pis pour les bécanes humaines qui cassent à force de tourner à plein régime : le salarié jetable se remplace facilement. Travaillez plus, consommez plus, polluez plus. La fuite en avant n’en sera que plus rapide.

De cette facture Orwellienne idéale, il n’y aurait donc que la pensée à soustraire... Il convient d’appeler enfin les choses par leur nom : quand un pouvoir politique articule l’affaiblissement de la pensée à l’augmentation du travail, il assume une propension au totalitarisme contre laquelle nous devons rester éveillés - les Nord-Coréens sont-ils par exemple encouragés à réfléchir par leur charismatique leader ?... La pensée contient des mondes infinis ; elle est le siège de notre humanité, ce qui nous reste quand tout nous a été ôté. Elle ne devrait jamais être soluble dans le travail. Employer ne doit pas devenir synonyme de domestiquer, ni l’argumentation économique marchande dominer toutes les autres dimensions de la délibération politique.

Retrouvez ce texte sur le Blog de Sophie ET sur Agoravox

 

Retour sur la méthode Sarkozy : montrer le doigt à l’imbécile pour éviter qu’il ne voie la Lune… par CFO

Inaugurée de main de maître par la fameuse « suppression de la double peine », alors qu’il n’était encore que Ministre-des-expulsions-et-de-l’intérieur-réunis, la stratégie politique privilégiée de notre nouveau Monarque républicain ne fait logiquement ces jours-ci que croître et embellir devant les yeux incrédules de ceux qui veulent bien ne pas se contenter de regarder ailleurs.
Le principe de base repose sur la bonne vieille tactique de la diversion. Pendant que le public a les yeux rivés sur Guignol (le gentil Guignol), Gnafron (le vrai méchant de l’histoire) lui fait tranquillement les poches (au public, bien sûr…).

A l’époque, notre ex-futur HyperPrez avait vendu son « humanisme » en étalant avec quelque obscénité sa supposée compassion pour les pôvres victimes de la double peine… Inutile de préciser que la manÅ“uvre était évidemment destinée à couvrir les énièmes lois répressives de notre Rastignac aux yeux des bien-pensants-et-donc-vaguement-gênés-aux-entournures qui, sans ce rideau de fumée entretenu par nos très chers médias, eussent pu s’émouvoir à la lecture de ces textes de lois aussi dangereux pour les libertés publiques qu’inapplicables dans les faits.

Fort du succès initial de cette tactique imparable (!?), Sarkozy n’a cessé de la rejouer pendant une bonne partie de sa campagne, admirablement servi en cela par Henri Guéno, son porte-plume en chef, grand spécialiste des citations de Jaurès, surtout lorsque celles-ci sont habilement sorties de leur contexte.

Dès lors que notre Iznogoud est enfin parvenu à devenir Calife à la place du Calife, pourquoi se gênerait-il pour donner la pleine mesure de son talent de spécialiste du Bonneteau politique ? Qu’est-ce en effet que le débauchage savamment orchestré de quelques ex-figures emblématiques de la Mitterrandie (que les gens de vingt ans ne peuvent pas connaître…), sinon la manifestation de cette Grand-Guignolade, paravent fumeux dressé devant des coulisses à peine dissimulées où s’étale l’empressement de son clan à casser (avec la bénédiction émue du MEDEF), les maigres restes des filets de sécurité sociaux que ses prédécesseurs n’avaient pas osé détruire totalement ?

Dernier exemple en date, et non le moindre, la fameuse loi TEPA, (Travail, Emploi et Pouvoir d’Achat). Une loi désormais votée à l’Assemblée, par une Majorité tellement croupion que le rapporteur UMP s’est cru autorisé à déclarer en séance que la meilleure raison de l’approuver en urgence venait de ce que l’HyperPrez l’avait expressément demandé…

Martin Hirsch, ex-compagnon de route d’Emmaüs (c’est l’Abbé qui doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe…), en acceptant de prêter son concours à ce théâtre de marionnettes, se retrouve ainsi caution d’un ensemble de mesures où l’idéologie Reagano-Thatchérienne la plus inégalitaire le dispute à l’ignorance la plus crasse des vérités économiques élémentaires (1).

Qu’on en juge par la simple mise en regard des montants alloués à la phase expérimentale d’une mesure (le RSA), censée s’adresser à un public de l’ordre de 1,2 millions de personnes (soit 25 millions d’Euros), et le coût pour les finances publiques des 2 autres mesures emblématiques inscrites dans cette loi, c'est-à-dire la nouvelle remise en cause des droits de succession et le bouclier fiscal à 50%.
Dans le 1er cas, celui qui concerne les droits de succession, sous couvert d’en appeler à l’émotion populaire autour du cas de la-retraitée-de-l’Ile-de-Ré menacée, pour cause d’ISF, de ne plus pouvoir jouir de son « maigre » patrimoine immobilier familial (patrimoine dont la valeur est d’ailleurs portée à des niveaux imbéciles par une spéculation immobilière que rien ne semble pouvoir arrêter), ce sont environ 2 milliards d’Euros qui vont directement passer des caisses de l’Etat aux poches de 20 000 contribuables… Alors même que tout le monde sait que ce sont pourtant pas moins de 85 % des successions qui échappaient déjà à l’impôt grâce au cumul de toutes les mesures préexistantes, faisant de notre pays l’un des champions mondiaux en matière d’exonération de l’héritage…
Dans le cas du bouclier fiscal, le public concerné par cette mesure étant par définition encore plus que le précédent composé d’hyper-privilégiés, on estime le manque à gagner à 1 milliard d’Euros pour les caisses de l’Etat, alors que le nombre des bénéficiaires devrait se limiter à moins de 10 000 de nos concitoyens…

25 millions d’Euros destinés à plusieurs centaines de milliers de personnes en grande difficulté face à 3 milliards d’Euros qui restent bien au chaud dans les poches de quelques petites dizaines de milliers de privilégiés …Cherchez l’erreur…

Comme, en outre, et malgré les efforts de notre HyperPrez, notre pays sera un jour où l’autre forcément rattrapé par les règles de l’Eurogroupe visant à limiter le déficit budgétaire des Etats membres, inutile de dire que les travaux préparatoires d’Eric Besson visant à installer la TVA sociale ne vont pas rester lettre morte bien longtemps.
Et l’on verra ainsi financés par l’impôt indirect (qui se trouve par hasard être le plus socialement injuste), les cadeaux fiscaux somptueux offerts par Sarkozy aux membres de son clan, celui des futurs-ex-assujettis à l’ISF…

La Lune, le doigt. Le doigt, la Lune… Combien de temps nos concitoyens vont-ils accepter d’être pris pour des imbéciles ? That is the question…

(1) On notera d’ailleurs que pas un économiste sérieux n’accepterait aujourd’hui de défendre en public cette traduction dans les faits d’une idéologie purement néolibérale, sourde à l’évidence aux réalités et à l’expérience du terrain, et qui suppose que l’argent des riches s’investit forcément dans la croissance générale de l’économie, et bénéficie ainsi par ricochet aux moins favorisés...

 

« Ce n'était pas crédible ? » dit-elle par NathP

Entre 1996 et 2006, le smic horaire brut a augmenté en moyenne chaque année de 3,65 %. Mais cette année, il n'aura augmenté que de 2 % environ. Il s'agit d'une hausse minimale légale répercutant l’évolution du coût de la vie. Donc pas de véritable hausse du smic pour les smicards qui peinent déjà à payer leur loyer, mais par contre, quelques mesures qui iront plutôt dans le sens de la hausse de l'immobilier, plus la TVA sociale pour gonfler un peu les prix, et s'ils dépriment, une petite franchise pour les décourager de se soigner, enfin, s'ils veulent s'évader un peu pour les grandes vacances, une petite flambée des prix du pétrôle juste début juillet ! Bah, d'après les sondages, deux français sur trois sont contents! Mais la question que je me pose, c'est pourquoi un smic brut à 1500 € en 2012 n'a pas été davantage « crédible » que les mesures d'une droite dure ?

Un SMIC à 1500 € pour 2012 est non seulement possible mais, en plus, c'est logique. Faites vous-même le calcul! En 2006, le smic mensuel brut était de 1254 €. En faisant la moyenne des taux d'augmentations annuels entre 1996 et 2006, je trouve 3,65 %. En utilisant ce taux d'augmentation de 3,65 %, je trouve en 2012 un smic mensuel brut de 1555 €. Et même si je considère une augmentation constante de seulement 2 % comme cette année, le smic serait de 1413 € en 2012, c'est à dire, il ne manquerait que 87 € pour obtenir 1500 € !

Alors pourquoi ce SMIC à 1500 € a-t-il été un bide ?

Depuis Rafarin, on tente de culpabiliser le peuple - serrez-vous la ceinture ! - tout en l'amadouant avec la chanson de la « positive attitude ». Malgré un constat de pauvreté dramatique relevé par des associations de sans abris comme Don Quichotte, on nous lancera « Tous propriétaires ! » . Cette mesure injuste et stupide a eu pour conséquence de faire augmenter les taux d'emprunts: Ainsi, l'argent donné par l'Etat est récupéré immédiatement par les banques! Mais passons, on aura réussi à faire oublier les sans abris qui n'ont qu'à être propriétaire, là ! Et les autres, concentrez-vous sur vos achats ! Vous n'avez pas d'argent ? Vous n'avez qu'à « travailler plus pour gagner plus ». Et toc ! Vous n'avez pas de travail ? Qu'on fabrique à la va-vite des contrats genre CNE...qui finiront, un peu plus tard, à la poubelle, car à l'encontre des droits fondamentaux du droit du travail. (Voir l'article de RS21 ici: http://renovation.socialiste21.over-blog.com/article-11262236.html ) Face à ces discours, les citoyens ont baissé la tête et ils ont accusé: l'autre! – le chômeur,le voisin, le pauvre – d'être un fainéant, un « moins que rien ». J'ai souvent senti du mépris auprès de ceux qui me disaient « moi, je vote Sarko » dans le regard qu'ils portaient vis-à-vis de la pauvreté.

Le programme de Ségo coûte trop cher, dira Besson juste avant de se coucher derrière Sarko. La baisse de l'ISF, le bouclier fiscal, la réduction des droits de succession, la déduction des impôts des intérêts pour les emprunts immobiliers ...voilà que ça coûte moins cher de serrer la ceinture des plus modestes que de graisser la patte des plus riches ??! C'était (il y a peu) un « socialiste » qui l'a approuvé ! Quelle honte !!! Et Ségolène, sans façon, de s'exclamer : « Mon programme n'était pas crédible » ! Mais d'où vient cette pauvreté d'arguments ? Y-a-t-il encore des synapses dans leurs cerveaux ? C'est à travers une « ouverture à la gauche » que je réalise à quel point de nombreux membres du PS ne savent plus défendre des idées. Après avoir « diabolisé » Sarko, les voilà prêts à vendre leur âme au Diable. Sarko a tout compris! Il a vu leur faille et il attire les girouettes pachidermiques pour décrédibiliser ce qui reste du PS afin que ce dernier ne soit plus un obstacle aux réformes ultra-libérales d'une droite décomplexée. Ma pauvre Ségo, quand on veut des arguments, on analyse ceux de son adversaire au lieu de trottiner derrière ! Ségo, bonne maman, s'est voulu attentive et à l'écoute des citoyens sans toutefois réaliser que la nature de leurs discours résultait d'une propagande culpabilisante! Sa volonté d'être dans cette écoute silencieuse lui aura valu une image démago qui s'est retournée sur les idées qu'elle n'a pas défendues. Par suite, son smic à 1500 € a paru plus démago que plausible !

 

Quelqu’un va-t-il réagir au PS ? Par Enzo D'Aviolo

Derniers déstockages avant fermeture :

- Lang nommé à la rénovation des institutions dans une occulte commission Sarkozyste ;

- Védrines chargé d’expliquer la mondialisation à Sarkozy ;

- et plus fabuleux encore, DSK proposé à la tête du FMI.

Le mélange des genres se poursuit en cette période de solde, Sarkozy continue inlassablement son opération séduction auprès de ténors du PS et non seulement stratégiquement cela fonctionne pour déliter un peu plus le PS, mais en outre plus personne ne s’en émeut !

Effarés de constater Madame Royal féliciter DSK en le trouvant à la hauteur du poste ! Consternés d’entendre Monsieur Hollande ou son porte parole expliquer que ce n’est pas Sarkozy mais le 1er ministre Luxembourgeois qui aurait proposé DSK comme candidat européen à la présidence du FMI ! Navrés de constater que pas une voix ne se lève pour contester l’action de l’institution même du FMI, de même que pas un socialiste ne s’interroge sur les conséquences à tirer de tous ces mélanges des genres nauséabonds téléguidés par Sarkozy qui laissent à penser que socialisme et libéralisme ferait naturellement bon ménage !

Qui pourrait rappeler que le FMI (http://www.hcci.gouv.fr/lecture/note/la-grande-desillusion-stiglitz.html) est cette institution, égérie de Friedman l’économiste, qui impose la dérégulation du travail ou le déficit zéro dans des pays ou la pauvreté maximale côtoie les dictateurs ? Peut-on rappeler ici que le FMI, prosélyte de politiques libérales, est cette institution qui a écroulé l’économie de l’Argentine par le choix imposé du tout dérégulé.

Et c’est la présidence souhaitée par Sarkozy pour cette institution internationale dont il faudrait se féliciter de la voir attribuer à DSK le social démocrate toujours membre du Parti Socialiste ?

Les représentants du Parti socialiste doivent-ils se contenter pour exister de rechercher tous les postes de pouvoir proposés par des calculs politiciens?

Rénova(c)tion Socialiste ne peut se résoudre à considérer l’action socialiste tel un tableau d’honneur des services rendus au libéralisme par ceux qui l’ont représentée par le passé.

Rénova(c)tion Socialiste envisage l’action militante plus par le combat des idées défendues qui s’opposent, que par celui des nominations prestigieuses pour envisager favorablement l’avenir d’une opposition constructive dans une démocratie vivante.

Enfin, Rénova(c)tion Socialiste demande à la direction du PS de condamner fermement ces baisers venimeux qui concourent à décrédibiliser l’action politique par l’impression laissée du « tous pourri ».

 

Soirée électorale : Législatives 2007 - 2nd tour

Venez faire part de vos réactions suite au 2nd tour de l'élection législative 2007.

 

Être de gauche en 2007

Dans cette période de défaite idéologique de la gauche où la stratégie de ceux là même qui prenne toute la responsabilité des récentes défaites se résume le plus souvent à galvauder le mot rénovation très à la mode ou à faire de la politique par opposition au lieu d’être en capacité à proposer, il est utile de tenter d’exprimer clairement ce que signifie un choix de gauche.

C’est pourquoi, en cette période cruciale où le lien social est de plus en plus mis à mal dans notre société par le pouvoir libéral en place depuis 2002, nous sommes fier de rappeler quelques valeurs et actions clairement et uniquement de gauche, que seul le parti socialiste de Jaurès et de Blum n’aurait pas renié, à défaut de devoir constater à terme non seulement la requalification terminologique de ce parti mais aussi et surtout de prendre le risque confus d’un amalgame malsain de celui-ci avec les valeurs et actions de la droite libérale.

D’un point de vue philosophique

- être de gauche, c’est d’abord et avant tout s’affirmer républicain et laïc par opposition à toute réflexion corporatiste privilégiant les droits associés à l’identification et la classification des individus par leur appartenance raciale, sociale, religieuse ou sexuelle. Ce point est majeur car il appartient à tout socialiste de rappeler que les notions de quota ou de droits républicains qui ne seraient réservés qu’à une partie de la population, ne répondent pas aux aspirations égalitaristes de la gauche[1]

- être de gauche, c’est préférer l’égalité à l’équité, la justice à la justesse, la solidarité au laisser faire.

- être de gauche, c’est aussi revendiquer la tolérance entre les races, entre les appartenances sexuelles, entre les croyances et les coutumes, dans les limites de la loi républicaine et laïque. C’est ne pas revendiquer un mode de vie plutôt qu’un autre, c’est accepter et proclamer l’égalité malgré les différences.

- être de gauche, c’est toujours privilégier l’intérêt collectif à l’intérêt particulier et en cela c’est définitivement reconnaître le nécessaire rôle régulateur et interventionniste de l’état, seul garant de l’intérêt général.

D’un point de vue pragmatique

- être de gauche, c’est vouloir rééquilibrer la distribution des richesses dans l’entreprise entre le capital et le travail, en particulier en augmentant significativement le pouvoir d’achat des salariés et notamment pour les bas salaires, en taxant fortement les licenciements d’entreprises faisant des bénéfices afin de compenser le coût social néfaste d’une telle décision, en supprimant les stocks options assimilables dans l'esprit à un abus de bien social, etc.…

- être de gauche, c’est constater que la démocratie de la cinquième république est malade et qu’il faut redonner à l’assemblée nationale un rôle majeur en changeant les institutions pour que le débat démocratique joue pleinement son rôle plutôt que d’être confisqué par un petit nombre. C’est aussi permettre aux citoyens de se prononcer sur les choix locaux d’orientation à travers des référendums locaux. C’est enfin mieux encadrer les conditions électives des élus.

- être de gauche, c’est abroger fermement les lois iniques imposées par les libéraux et qui concernent notamment le droit du travail (CNE), la retraite, l’immigration, la santé etc.…

- être de gauche, c’est lutter contre l'uniformisation des médias instaurée par des intérêts privés réduisant le débat démocratique et aboutissant à une manipulation destinée au pouvoir de quelques uns. C’est proposer une protection plus grande et spécifique des journalistes les rendant idéologiquement indépendant vis-à-vis des propriétaires des médias.

- être de gauche c’est privilégier le débat d’idée à la politique de l’image et aux coups de force médiatiques qui nivellent vers le bas et rendent la pratique politique inintéressante et confuse, créant les conditions d’une démocratie privée de fond et mise en danger.

- être de gauche c’est favoriser les avancées sociétales, en particuliers celle des mœurs en donnant accès aux mêmes droits à tout citoyen et en particulier celui de la liberté de choisir son existence. C’est le cas pour l’avancée dans les mentalités que propose le mariage et l’adoption homosexuelle et ce devrait l’être également pour la légalisation de l’euthanasie.

- être de gauche, c’est imposer ses thèmes et ses idées et expliquer en quoi ils sont fondamentaux et non mettre en avant des idées confuses parce que libérales, choquantes parce qu’électoralistes, suivistes plutôt qu’innovantes.

- être de gauche, c’est enfin trouver des solutions pour une société de progrès, les imposer par l’explication et la démonstration et non pas s’excuser de ne pas être libéral en cherchant à courir derrière je ne sais quelle justification molle et complexée car modérée pour plaire au lièvre centriste.

Mettre un coup de barre à gauche, c’est finalement rester fidèle à ces valeurs sans chercher à louvoyer contre nature, ou à porter le débat là où le fondement des difficultés sociales ne trouvera pas de réponse clairement socialiste au diagnostic!

Notes

[1] L'égalitarisme est une doctrine politique prônant l’égalité absolue des citoyens en matière politique, économique et sociale dans le sens où tous les citoyens seraient traités impartialement, sans qu’il soit tenu compte de leur naissance, de leurs relations ou de leur fortune. Cette forme de rapport entre l'individu et les institutions étatiques constitue l’une des conditions d'existence de ce que l’on nomme un état de droit.

 

Travailler plus pour gagner plus et la réalité dans l'entreprise

Laisser à croire qu’il y a une liberté pour le salarié en matière d’horaires, c’est mentir. Le contrat de travail créé un lien de subordination entre le salarié et l’employeur, ce dernier décide donc unilatéralement de la gestion de ce contrat, de la durée du travail, de l’opportunité de faire ou non des heures supplémentaires.

Selon l'étude INSEE en continu la durée moyenne du travail des salariés à temps plein est de 39 h par semaine et non de 36 heures. La raison en est que l'INSEE interroge les salariés sur leur temps de travail réel, le ministère du travail interroge les patrons qui donnent la durée théorique sans tenir compte des heures sup. Il est faux de dire que c'est en France que l’on travaille le moins. La durée moyenne du travail des salariés, à temps plein, est de 37,2 h en Grande Bretagne pour 39h en France. Si on ajoute les temps partiels, la durée moyenne du travail est de 32 h en Grande Bretagne, de 36,28 h en France.

L’objectif de Sarkozy est, d'une part aller jusqu'aux 48 heures permises par les directives européennes et d'autre part rendre les heures supplémentaires moins chères que l'embauche. Un employeur s’il a le choix fera faire des heures sup. au lieu d’embaucher. Elles ont l’immense avantage d’être réversibles gratuitement et apportent ainsi de la flexibilité pour l’employeur. C’est la raison pour laquelle les 35 h ont été autant décriées.

Cette mesure sans précédent dans l’UE freinera l’accroissement de l’emploi, réduira les embauches de remplacement, les salariés en place verront la durée de leur temps de travail et, peut-être leur paye augmenter au détriment de leur santé et de l’emploi global. Pénalisera toutes ces femmes, tous ces hommes qui ne travaillent pas du tout ou trop peu : les 2 millions de femmes qui n’ont pas choisi le temps partiel et le subissent, les 4 millions de chômeurs réels, les intérimaires et CDD qui ne travaillent qu'une partie de l'année, ceux qui subissent le chômage partiel à répétition qui tous voudraient bien travailler plus. Les entreprises vont maintenant leur dire qu’au lieu des les embaucher on va faire des heures supplémentaire parce que ça revient moins cher.

Une autre raison de cette mesure voulue par Sarkozy et les candidats de la droite c’est la continuité du chômage, de la précarité et des bas salaires. Le départ en retraite d’un grand nombre de salariés doit automatiquement faire baisser le chômage, et cela, le Medef et son digne représentant Sarkozy n’en veulent pas.

Ils prévoient tout pour garder un important volant de chômeurs disponibles, appelé par les économistes ultra libéraux le NAIRU*. Il permet de peser sur les salariés, de les museler, en instaurant la précarité du travail. Le contrat unique est dans le droit fil de cette politique.

Quatre à cinq millions de salariés de PME sont encore officiellement à 39 h, accomplissant donc 4 heures sup. L’employeur paye des cotisations sur ces 4 heures, leur détaxation aura pour effet immédiat un cadeau de 5 milliards d’€ à ces entreprises sans aucun effet sur l’emploi. Le salarié paiera la facture soit en impôt sur le revenu, soit en TVA dite sociale ce qui ne manquera pas de le pénaliser encore plus.

Ce système économique inéluctablement conduit à l’échec, à l’individualisme, à des inégalités de plus en plus criantes, de plus en plus insupportables, à une remise en cause du collectif, de la solidarité, de la démocratie… Si le socialisme veut encore dire quelque chose c’est à nous de le changer de porter l’espoir avec d’autres solutions que celles que nous avons essayées jusqu’à présent. Après les législatives nous aurons à regarder dans la bonne direction, prendre les bonnes orientations, apporter les bonnes réponses, la réussite est à ce prix.

Si les valeurs morales, l’humanisme, la solidarité…, héritage de Jaurès et Blum, n’ont plus de signification pour nous, nous ne seront plus socialistes mais libéraux. J’ai lu avec effarement que certains responsables envisageaient même de changer le nom du parti fait il donc trop socialiste ?

Alain Piegay

  • NAIRU taux de chômage n'accélérant pas l’inflation (en anglais : Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment ou NAIRU) est une estimation, pour un pays et à un instant donné, du taux de chômage minimum qui puisse s'accompagner d'une inflation stable. Le NAIRU est couramment utilisé par de nombreux pays de l’OCDE dans le cadre de leur politique monétaire.

L’OCDE et le FMI publient régulièrement des estimations du NAIRU pour la plupart des pays développés. Ainsi pour la France en 1980 il était estimé à 5,8% en 1999 à 9,5%, ce qui veut dire que selon l'OCDE, la structure socio-économique de la France impliquait inévitablement un fort chômage. Il était estimé pour la Zone € en 1980 5,5% en 1999 8,8%.

voir l'intégralité du texte sur forum de RS ici
 

Soirée électorale : Législatives 2007 - 1er tour

Venez faire part de vos réactions suite aux résultats du 1er tour de l'élection législative 2007.

 

Les cumulards sont là !

Qui a pu croire un instant que l’arrivée de Sarkozy à la présidence serait signe de renouvellement des pratiques politiques ? A peine est-il élu, que ceux qu’il a nommés s’avèrent être les dignes représentants de la basse politique politicienne, celle des cumulards du pouvoir absolu. Plus de la moitié du gouvernement Fillon se présentera aux prochaines élections législatives.

La Palme d'Or revient à Alain Juppé, Maire de Bordeaux, Ministre d'Etat et n°2 du gouvernement qui se présente tranquillement à la députation et surtout arrive encore à justifier sa démarche par l'intérêt que cela représenterait pour sa ville et son pays. Au nom de « l'ancrage local », voici l’explication sans vergogne de l’ex-repris de justice : « Ce sera une chance à la fois pour le ministère, parce que ça nous donnera un ancrage local et également pour Bordeaux, parce que beaucoup de dossiers qui concernent notre ville et notre agglomération sont en prise avec les responsabilités de ce ministère». Voici donc l’un des fondements de la république balayé d’un revers politicien pour qui l’égalité ne vaut que si elle favorise avant tout Bordeaux grâce à son poste de Ministre de la République.

Non seulement le gouvernement Fillon ne déroge pas à l’exemple du « meilleur d’entre eux », mais il est sans doute aussi celui pour qui le cumul généralisé semble être un étendard de conquête du pouvoir. Incroyable d’avoir à constater que le Premier Ministre lui-même part en campagne dans sa circonscription le lendemain même de sa nomination. C’est dire la volonté farouche qu'ont ces cumulards de se mettre au plus vite au service de la République…

Sarkozy l'a chanté sur tous les tons : « Le gouvernement agira au plus vite et je mettrai mes promesses en acte ». Visiblement la France attendra les élections législatives car, pour l'heure, la priorité des actes est avant tout électorale.

Non seulement Rénova(c)tion So-cialiste réaffirme sa volonté de lutter contre le cumul des mandats en nombre et dans le temps, mais considère également incompatible tout mandat électif avec un poste de ministre de la République. Pour paraphraser un ancien ministre bien connu, « un ministre ça ne cumule pas ou ça démissionne ».

 

BESSON, tête de ... pont ? ALLEGRE, LAUVERGEON, VEDRINE ..., têtes de ...

L’idée, que la pensée socialiste est devenue obsolète, traverse désormais l’ensemble de l’échiquier politicien. Des fonds de commerce écologiques jusqu’aux caricatures fascisantes « villiéro-lepénistes », l’économie capitaliste hyper-libérale est définitivement installée dans les démagogies programmatiques comme l’horizon indépassable d’un Monde borné par sa propre idéologie spectaculaire et marchande.

Désormais, toute forme de « contestation » s’apparente au mouvement d’auto-valorisation de cette invraisemblable limite de l’entendement. Les peuples sont convoqués dans cette vacance de l’esprit critique à travers les joutes de la pensée parcellaire, où réside en miette une démocratie qui se désespère de l’Homme.

Le taux massif de participation à l’élection présidentielle n’est rien de plus que la visibilité éclatante d’une adhésion collective à « l’ordre des choses » donné en pâture à la pensée qui rumine les restes de ses résignations passées. Pensée « vacharde » qui entraîne dans ses relents nauséabonds un monde réduit à la dimension d’une « humanité » devenue virtuellement concrète.

Le PS est devenu, lui, le coeur affolé de cette opération de destruction massive, où la conceptualité du socialisme historique est remisée dans les placards de la conscience malheureuse. L’ambition personnelle de ses « dirigeants » prime désormais sur l’ambition collective, et les promesses tenues à l’usage d’un « peuple de Gauche » fantasmatique sont balayées d’un revers de manche à l’heure des comptes qu’attendent les militants.

Le concept de « RENOVATION » n’échappe pas au détournement de ses exigences princeps dont notre mouvement décline les applications à la construction d’un réel démocratique. Dans la France qui se prépare, l’heure n’est plus à la rigolade, au silence, ou aux fausses exigences qui consistent à protéger coûte que coûte les carrières qui fabriquent une pensée socialiste agonisante.

Rénova(c)tion Socialiste s’annonce comme le coeur palpitant d’une exigence de clarté pour les convictions socialistes convoquées par les douleurs présentes, et celles à venir.

Michel GROS

 

Les jeux sont faits...

Ici, Rénova(c)tion Socialiste publie des réactions citoyennes non directement issues de ses rangs. A vos commentaires avisés...

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Ben voilà, les jeux sont faits!

Rien ne va plus...

Pour fêter ça, le soir de l'élection Sarko s'offre le Fouquet's avec ses potes. En guise de retraite annoncée dans un monastère pour préparer son mandat, Sarko s'offre une semaine sur un Yacht de luxe (Bolloré)en Méditerranée. On pourra pas dire qu'il n’annonce pas la couleur. Il aurait tort de se priver : il bénéficie de l'état de grâce post-électoral et, dans 5 ans, tout le monde aura de toutes façons oublié.

Passé le temps de la déprime, il va nous falloir organiser la résistance. Quoi que les grands média veuillent nous faire croire, nous ne sommes pas seuls. Encore 46 % de gens sensés en france. Et la planète n'est pas encore entièrement tombée dans la ténèbre néolibérale.

Ci-dessous intéressante analyse du scrutin de dimanche par type électoral :


PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a réalisé ses meilleurs scores auprès des électeurs les plus âgés au second tour de l'élection présidentielle, selon un sondage Ipsos/Dell pour Le Point, Europe 1, France 2 et 20 Minutes.

D'après cette enquête réalisée dimanche, le candidat de l'UMP a obtenu 68% des suffrages des Français de 70 ans et rallié 61% des 60-69 ans. A contrario, Ségolène Royal a réalisé son meilleur score auprès des 18-24 ans avec 58% des suffrages.

Chez les 35-44 ans, les deux finalistes recueillent chacun 50% des voix, Nicolas Sarkozy obtient 57% des suffrages des 25-34 ans et Ségolène Royal 55% des suffrages de 45-59 ans.

Selon Ipsos, 54% des hommes ont voté pour Nicolas Sarkozy et 52% des femmes.

Selon les résultats définitifs du second tour, le candidat de l'UMP a obtenu 53,06% des voix, soit près de 19 millions de votes.

Nicolas Sarkozy a réalisé ses meilleurs scores en milieu rural (57%) et dans les villes de 20.000 à 100.000 habitants (56%), tandis que Ségolène Royal obtient ses meilleurs résultats dans les villes de plus de 100.000 habitants (50%) et l'agglomération parisienne (50%).

Les artisans et commerçants ont voté à 82% pour Nicolas Sarkozy, les agriculteurs à 67%, les professions libérales et les cadres supérieurs à 52%.

Ségolène Royal arrive en tête chez les professions intermédiaires (51%), les employés (51%) et les ouvriers (54%). Les électeurs issus d'un foyer à revenu élevé ont voté à 57% pour Nicolas Sarkozy et ceux issus d'un foyer à revenus modestes à 56% pour Ségolène Royal, leurs meilleurs scores sur ce critère.

Le sondage a été réalisé le 6 mai auprès de 3.609 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population inscrite sur les listes électorales.


On peut se rassurer en se disant que les + de 70 ans vont bientôt être remplacés (ou pour le moins proportionnellement amoindris) par les Papi-boomers qui vont débarquer en force sur le marché de la retraite. Ceux-là ont encore voté Ségo à 55 %. Faut dire qu'ils ont connu mai 68 et, depuis les années 80, la lente dégringolade des acquis sociaux des 30 glorieuses et la dégradation des conditions de travail. Ce qui n'est pas le cas des plus âgés qui eux étaient partis à la retraite avant le déclin et qui croient sans doute que les jeunes ont la belle vie.

Quoi qu'il en soit, ce qui se passe en France n'est que la conséquence lente mais progressive de la dégradation de la situation planétaire, tombée sous le joug d'une nouvelle tyrannie, celle des marchés et de la dérégulation financière. Ironie que nos vies soient maintenant orchestrées à distance par l'OMC, la Banque Mondiale et le FMI, par la FED et la BCE et par les gestionnaires de fonds de pension et de fonds d'investissement. Et très dur de lutter contre ça avec nos malheureux, et trop rares, petits bulletins de vote hexagonaux... Surtout quand la seule proposition des partis socialistes européens est la "troisième voie" sociale démocrate qui se propose de jouer le jeu du système (croissance, consommation) plutôt que de chercher à lui opposer des alternatives.

Organiser la résistance, donc. Par nos comportements collectifs et individuels.

Enjeu important : la bataille de la communication. A l'heure ou grands groupes de presses et organismes financiers font cause commune (et parfois ne font qu'un), à l'heure ou le journalisme fait face à la concurrence d'Internet, c'est le moment de trouver les failles du système et d'inventer une nouvelle façon de communiquer et des alternatives à TF1.

Deuxième enjeu : la consommation. C'est comme ça qu'ils nous tiennent. Mais c'est aussi comme ça qu'on les tient. Il va falloir aller plus loin que le devoir de citoyen et participer à l'émergence d'une nouvelle citoyenneté basée sur une consommation intelligente: oubliées les 3 voitures par famille, oublié le téléphone portable dernière génération avec son forfait conso-chabidou, oubliées les fraises en janvier et surtout oubliée la télé-poubelle à jeter par la fenêtre sans délai.

Troisième enjeu : la solidarité. Solidarité envers les plus défavorisés, chez nous et ailleurs. Pour ne pas jouer le jeu de la fracture, de la société à 2 vitesses, qui, plus que vers la révolte pousse les plus défavorisés vers les idées simples et le populisme. Solidarité aussi envers ceux qui ne se lèvent pas tôt et qui nous sont pourtant indispensables : les philosophes, les sociologues, les musiciens et les poètes.

Sentiments résistants

Fred

 

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